Un deuil. Une naissance. Une maladie. Une séparation.
Des événements très différents, avec un point commun : à un moment, il faut reprendre le travail. Les mails, les réunions, les délais, les responsabilités…
On attend de cette reprise qu’elle soit un retour à la normale. Quelques jours, quelques semaines, parfois plus. Et puis on revient, on reprend sa place.
Sauf que quelque chose a changé. Et ce quelque chose ne se voit pas de l’extérieur.
Ce que « reprendre » ne dit pas
Reprendre le travail, cela sous-entend que l’on retrouve ce que l’on avait laissé : les mêmes gestes, la même aisance, la même évidence. Le mot ne dit rien de ce qui, entre-temps, a pu changer en nous.
Assumer ses responsabilités peut alors demander plus d’effort qu’avant, non parce que le travail serait devenu plus dur, mais parce que ce qui allait de soi ne va plus tout à fait de soi.
Une réunion qu’on menait sans y penser peut demander une attention inhabituelle. Une décision qu’on prenait presque automatiquement peut se retrouver tournée dans tous les sens. Une charge de travail identique peut peser différemment.
Ce n’est pas une question de compétence : rien de ce que l’on savait faire n’a disparu. Ce que je constate dans mon travail de coach, c’est que quelque chose s’est déplacé du côté de ce qui compte vraiment, du côté des valeurs — un accord silencieux qui a bougé, et qui demande à être retrouvé.

Le rôle que l’on tient, la personne que l’on est
La vie professionnelle et la vie personnelle ne sont pas deux compartiments étanches. Ce qui vient bouleverser ce qui compte pour quelqu’un ne s’arrête pas à la porte du bureau.
Au travail, on tient un rôle. Il s’appuie sur des automatismes construits au fil du temps : des façons de réagir, de décider, de se positionner, qui à force ne demandent plus de réflexion. Mais ce rôle repose aussi sur autre chose : des valeurs, une idée de ce qui compte, une définition de ce que « bien faire » veut dire. Cette base-là appartient à la personne, pas au poste.
Un événement de vie marquant peut faire bouger cette base du jour au lendemain. Les automatismes, eux, se sont construits autrement : par répétition, au fil de mois ou d’années. Il n’est pas surprenant qu’ils ne rattrapent pas un changement aussi rapide. Le rôle peut alors continuer de fonctionner un temps avec les repères d’avant, pendant que d’autres repères se mettent en place. Je le dis souvent en séance : ce n’est pas nécessairement un signe que quelque chose ne va pas. C’est simplement que les deux n’avancent pas à la même vitesse.
Un deuil peut remettre en perspective l’énergie qu’on donnait jusque-là à des enjeux professionnels. Une naissance peut redistribuer le temps et l’attention. Une maladie peut rappeler les limites du corps, parfois pour la première fois. Une séparation peut ébranler des repères qu’on croyait acquis. Quatre situations différentes. Un seul point commun : rien ne repart du même endroit qu’avant.
Quand tout fonctionne, et que pourtant quelque chose ne va plus
Chez les personnes très investies dans leur métier, ce décalage peut prendre une forme particulière. Elles continuent souvent à faire ce qu’elles savent faire. À répondre aux attentes. À trouver des solutions. À tenir leur rôle. De l’extérieur, rien ne semble vraiment avoir changé. Les compétences sont là. Les résultats aussi.
C’est que la compétence et le sens ne se mesurent pas de la même façon. La compétence se voit de l’extérieur : un résultat, une réunion menée, un délai tenu. Le sens ne se voit pas de la même manière — il se ressent, ou pas, de l’intérieur.
Je crois que ce n’est pas un hasard si ce décalage passe si souvent inaperçu de l’entourage professionnel : les environnements de travail, même bienveillants, sont armés pour repérer la performance, pas pour repérer le sens.
Comment dans ce cas, nommer, expliquer, ce sentiment de décalage?
Difficile d’en parler à son entourage professionnel, qui vous voit fonctionner et en conclut, logiquement, que tout va bien. Difficile de se le formuler à soi-même, tant qu’on n’a pas trouvé les mots. J’ai observé que s’ajoute aussi, souvent, la croyance qu’il ne faut pas montrer sa vulnérabilité, sous peine de faire douter de sa compétence.
Alors beaucoup traversent cette période en silence.
Une fatigue mentale. Une charge qui pèse plus lourd qu’avant. Une impression de fonctionner en mode automatique. Ce n’est ni un signe de faiblesse, ni une contradiction à résoudre au plus vite. C’est un signal.
Quand j’étais soignante en unité de crise, il ne s’agissait pas seulement de regarder ce qui n’allait pas. Il fallait aussi repérer ce qui tenait encore, ce qui pouvait servir d’appui, même lorsque beaucoup de choses vacillaient. J’ai gardé cette conviction, cette attention : quand une personne ne comprend plus pourquoi ce qui allait de soi ne va plus, ne pas regarder uniquement ce qui s’est fragilisé et chercher aussi ce qui est encore là.

Trois questions pour y voir plus clair
Un certain flottement, dans les premières semaines qui suivent la reprise, est courant : retrouver ses marques prend du temps. Ce qui mérite qu’on s’y arrête davantage, c’est quand ce flottement s’installe durablement.
Trois questions peuvent aider :
- Ce que je ressens aujourd’hui, est-ce que je le ressentais déjà, un peu, avant l’événement ?
- Est-ce que ce flottement s’atténue avec le temps, ou est-ce qu’il persiste semaine après semaine ?
- Qu’est-ce que je continue de faire par habitude, plutôt que parce que ça a encore du sens pour moi ?
Il n’y a pas de bonne réponse. Juste celle qui compte, la vôtre.
Ce que le coaching peut apporter, à ce moment précis
Le réflexe le plus fréquent face à une situation qui déstabilise, c’est de vouloir la résoudre tout de suite. Cependant, agir vite et agir juste ne sont pas la même chose.
Un espace de coaching sert précisément à ça : vous accompagner à votre rythme et selon vos besoins, à clarifier, à décider et agir ensuite de manière juste et réaliste.
C’est ce que je propose avec Maison Résentio, avec la conviction — construite notamment pendant dix ans en unité de crise, avant de devenir coach — qu’il reste toujours des ressources, même quand tout semble vaciller.
Ce travail relève du coaching professionnel et s’exerce dans le respect du code de déontologie de l’ICF. ( Fédération Internationale de Coaching)
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour se sentir à nouveau « normal » au travail après un deuil ?
Il n’y a pas de délai standard, et c’est normal d’avoir envie d’en avoir un. Ce qui compte n’est pas uniquement le temps écoulé, mais l’espace que vous vous donnez pour retrouver vos repères.
Est-ce normal de ne plus se sentir tout à fait la même personne au travail après un événement de vie ?
Oui, et vous n’êtes pas seul dans ce cas. On en parle très peu, alors que c’est une expérience bien plus fréquente qu’on ne le pense. Traverser un événement marquant modifie souvent le regard que vous portez sur vos priorités, sans que cela remette en cause vos compétences ni votre investissement.
Coaching, psychologue : comment savoir ce qui est le plus adapté ?
Vous n’avez pas à trancher seul. Le coaching part de ce qui est là aujourd’hui — vos repères, votre manière de travailler, les choix à faire. Si la souffrance de l’événement reste au premier plan, un accompagnement thérapeutique est souvent plus indiqué, parfois en parallèle. Nous regardons cela ensemble, lors de l’appel découverte et/ou de la séance d’ouverture.
Faut-il changer de travail quand on ressent ce décalage ?
Pas forcément, et c’est même rarement la première chose à regarder. Ce décalage mérite d’abord d’être compris, avant de penser à un changement de travail ou non. Parfois, un ajustement suffit ; parfois, c’est effectivement une question plus large. C’est ce que vous permet de clarifier un espace de coaching.
Vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire ? Parlons-en.
L’appel découverte dure 30 minutes, il est offert et sans engagement — on regarde ensemble ce qui se passe pour vous, et si un accompagnement a du sens.
